Le Groupement de Commandes des Etablissements Publics de Santé du Territoire de Santé de Montélimar (GCTM) choisit McKesson et CIS Valley pour la fourniture et la mise en oeuvre de son système d’archivage et de communication des images médicales (PACS).

Publié dans Entreprises

Plusieurs modèles cohabitent en télé imagerie, de la coopération inter hospitalière à la sous-traitance en passant par le PACS mutualisé ou l’interconnexion de réseaux d’images. Exemples.

Par Dominique Lehalle

« La dispersion actuelle des initiatives devra progressivement converger vers une approche régionale structurée, basée sur une analyse des besoins des territoires (…). Les besoins et les objectifs de déploiement de systèmes de télémédecine autour du partage d’images devront nécessairement s’articuler avec un schéma régional d’organisation de la permanence des soins (en radiologie, neurologie…), contribuer, dans le cas de l’AVC en particulier, à la mise en place des filières ». Ces recommandations de l’ASIP Santé (1), chargée, dès décembre 2008, de coordonner le déploiement des systèmes de téléradiologie, commencent à porter leurs fruits. Il est vrai qu’entre temps la loi HPST, stimulant les coopérations, et le décret Télémédecine ont pris forme. Tandis que les PRS (Projet Régional de Santé) sont en cours d’élaboration.

Les radiologues continuent toutefois à exercer leur vigilance comme l’explique le Pr Alain Rahmouni, responsable du groupe Téléradiologie SFR (2) / Conseil Professionnel de Radiologie : « la téléradiologie est un acte médical qui paraît difficilement compatible avec les processus d’appel d’offres qui débouchent sur des choix faits en fonction d’un rapport qualité/prix, comme pour n’importe quelle activité commerciale ».

A la demande du Conseil professionnel, la FHF a donc récemment éveillé l’attention des directeurs d’établissements et présidents de CME sur les risques de démédicalisation de l’activité.

Soucieux de connaître les orientations prises par les sociétés de téléradiologie, en pleine expansion, et les coopérations de radiologues, le groupe Téléradiologie de la SFR avait en effet auditionné les principaux acteurs au cours du premier semestre 2010. La synthèse de ces réunions est en ligne sur le site de la SFR (www.sfrnet.org).

> Coup d’accélérateur

La téléradiologie n’est pas née des préoccupations récentes en matière d’accès aux soins et de réorganisation de l’offre de soins. Elle constitue même l’ancêtre de la télémédecine : la télé expertise radiologique a pris son essor dès les années 90, dans le cadre de la prise en charge des urgences neurochirurgicales, avec la constitution de réseaux tels que TELIF en Ile-de-France ou TELURGE en Nord Pas-de-Calais.

Ce qui a, en revanche, profondément évolué ces dix dernières années, c’est à la fois la place croissante de l’imagerie dans la prise en charge des patients, pour quasi toutes les disciplines, et l’environnement technologique. Travaux internationaux de standardisation (DICOM), haut débit, protocole IP, nouvelles architectures logicielles ont donné un coup d’accélérateur à la dématérialisation et la transmission électronique des images médicales.

Plusieurs modèles cohabitent désormais en télé imagerie, de la coopération inter hospitalière, dont l’ASIP et la SFR encouragent l’organisation territoriale, à la sous-traitance (à la fois humaine et technique) en passant par le PACS mutualisé ou l’interconnexion de réseaux d’images. Et les réseaux les plus anciens ne manquent pas d’évoluer pour tirer parti de nouveaux outils.

> L’heure est à la mutualisation

Le Réseau des Urgences Neurologiques-Franche-Comté, par exemple, a commencé par relier l’ensemble des plateaux techniques de la région dès 2001 afin d’assurer une grande garde des urgences neurologiques, coordonnée par le Pr Thierry Moulin, au CHU de Besançon. Il s’appuie maintenant sur un dispositif de webconférence « permettant un dialogue naturel entre le centre expert et le site distant avec une implication du patient tout au long de la téléconsultation et du télédiagnostic.

Cette nouvelle génération d’outils offre des possibilités très étendues de partage de données permettant de s’adapter aux différents contextes de prise en charge par télémédecine : accès direct et interactif aux données radiologiques distantes (scanner, IRM), partage d’applications (biologiques, bases de données patients, dossier médical…), gestion d’appareils photo… » (3). Cet exemple montre que l’heure est à la mutualisation et que les plates-formes ont aussi vocation à devenir polyvalentes.

De même, dans le Nord Pas-de-Calais, la plate-forme de Télé-imagerie du SIIH 59-62 a non seulement permis la modernisation du réseau TELURGE, qui couvre maintenant une vingtaine de services d’urgence, mais le déploiement de nouveaux projets médicaux. A l’instar de la coopération instaurée par la Fédération d’Imagerie Flandres Lys pour faciliter l’interprétation par les radiologues d'Armentières de l'imagerie produite à Hazebrouck ou Bailleul, ou de la mise en service de la télé expertise en électro-encéphalographie (TELEEG), proposé par le CHRU de Lille, qui est en cours.

Avec la mutualisation des PACS, symbolisée par le chantier Région Sans Film (RSF) en Ile-de-France, l’hexagone importe un modèle qui a fait ses preuves au Canada et en Angleterre. Il présente l’intérêt de renouveler les modalités d’investissement, car il est basé sur une facturation liée à l’utilisation du service. 16 premiers établissements franciliens y ont adhéré. Avant tout tourné vers les infrastructures, ce programme viendra à terme soutenir le développement de la télé imagerie, comme on le voit aujourd’hui outre-Manche et au Canada.

D’autres régions prennent cependant des orientations différentes comme en témoigne le projet IRIS (Interconnexion de Réseau d'Images de Santé) en Aquitaine. Là il s’agit non pas de créer un archivage commun mais de favoriser la consultation ponctuelle des données d'imagerie réalisées dans un des établissements partenaires, soit dans le cadre de l'urgence, soit pour la demande d'un deuxième avis.

Si l’on ajoute à ce panorama la floraison d’offres privées de services à laquelle se mêlent les « marchands de téléradiologie » (4) stigmatisés par la SFR, on comprend la vigilance des radiologues à vouloir fonder les projets sur des protocoles médicaux et en fonction de besoins territoriaux.

Dominique Lehalle


(1) Déploiement des systèmes de téléradiologie, Panorama des initiatives en région et recommandations, Novembre 2009
(2) Société Française de Radiologie
(3) Description développée par l’ARS Franche-Comté dans le cadre du Rapport Lasbordes, « La télésanté : un nouvel atout au service de notre bien-être », octobre 2009
(4) "La Revue de la Télésanté" - numéro 1 - mars 2011

Publié dans Radiologie